Exposition

HOMMAGE

19.10.1903.11.19

Dans la majorité de ses photos, il y a un être vivant, souvent maltraité par la vie ou par les conditions sociales. Adrien était profondément humain, naturellement humain. Tout cela explose dans chaque cliché même s’il s’agit d’une image

« volée », prise à la sauvette, comme celles prises la nuit, dans le métro en périphérie sensible d’une grande ville. Il nous montre ce qui ne veut pas être vu mais qu’il nous transmet en un clic : la solitude, la vie de ceux qui baissent les yeux par humilité ou timidité, ou de ceux qui agressent car ils ne sont ni fiers ni satisfaits de ce qu’ils sont. Chaque photo est la peinture d’un quotidien subi, parfois écrasé.

ROGERS

Patrice Corrieras et Dominique Petitjean - Ipagine éditions

Ses photos en disent long sur Adrien, le photographe qui utilisait son appareil photo comme une main tendue vers l’autre, à l’autre, pour l’autre.

Il ne suffisait pas d’avoir une grande sensibilité, il fallait aussi avoir du courage. Le courage de figer dans le temps des moments de vie qui auraient dû rester secrets. C’est une effraction de l’intimité de tous ces individus qui s’enferment dans de fragiles bulles protectrices et qui sont férocement prêts à ne pas supporter le regard de l’autre dans un moment d’abandon.

Ajoutons à cela une grande tendresse dans le regard que l’on ne peut avoir que si on aime les autres, Adrien aimait naturellement les gens. C’était tellement incarné en lui qu’il ne lui suffisait pas de l’avoir cette tendresse, il venait l’offrir à tous ceux qu’il prenait en photo pour nous montrer qui étaient ces personnes et nous faire partager l’émotion de ce moment. Adrien leur offrait un instant d’éternité.

Son courage, sa tendresse, étaient soutenus par un besoin de vérité et un désir de justice. Adrien était un poète de la vie qui ne supportait pas l’injustice. Sans peur et avec détermination, il n’hésitait pas à prendre des risques pour montrer la

« réalité ». Il prenait des photos pour réveiller les consciences, pour que personne ne soit indifférent aux autres, pour ne pas être des dormeurs au milieu de la vie qui nous entoure. Et pourtant dans sa série de photos sur les dormeurs, on sent qu’il les aimait bien, ces dormeurs qui s’offraient le luxe de s’échapper de leur quotidien en ouvrant la porte à leurs rêves.

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